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Théâtre grec antique : Quelle est l'origine du théâtre en Grèce antique ?

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Le théâtre est né en Grèce pendant la période archaïque. Selon Aristote, le théâtre émerge du dithyrambe lors des fêtes en l'honneur de Dionysos, dieu du vin, des arts et de la fête. Il tire son nom du latin theatrum, lui-même dérivé du substantif grec θέατρον, du verbe θεάομαι, [theáomai ] signifiant "regarder".

Le théâtre grec antique

Le théâtre n'était pas qu'un spectacle pour intellectuels, mais un élément majeur de la culture grecque. À Athènes, comédies et tragédies tiraient leur origine des danses et chants auxquels se livraient les fidèles de Dionysos. Entre -536 et -533, l'importance croissante du théâtre à Athènes se concrétisa... lorsque la responsabilité de l'organisation des tragédies fut confiée à l'archonte, le plus important magistrat de la cité. Ainsi, la popularité du théâtre augmenta rapidement et un espace consacré aux représentations théâtrales fut bati sur le versant de l'Acropole. Au Ve siècle avant notre ère, le théâtre devint de plus en plus associé à la démocratie athénienne. Il servait souvent de chambre de résonance aux idées politiques et, dans certains cas, influent même l'opinion publique. Ceci amena Platon, IVe siècle avant notre ère, à qualifier de "théatrocratie" la vie politique de la cité. 

Le sanctuaire de Dionysos

Les compétitions théâtrales se déroulaient au sanctuaire de Dionysos Eleutherios, dieu du vin et patron de théâtre. Dionysos était le fils de Zeus et d'une mortelle du nom de Sémélé. Selon certains récits, Zeus, amoureux de Sémélé, lui apparut entouré d'éclairs. Sémélé fut malencontreusement frappée par l'un d'eux, mais Zeus parvint à sauver l'enfant qu'elle portait et le garda dans sa cuisse jusqu'à sa naissance. C'est pourquoi le nom de Dionysos est parfois assimilé à l'expression "né deux fois" . À Athènes, le théâtre faisait partie du culte de Dionysos, et des représentations en son honneur avaient lieu lors de fêtes telles que les lénéennes et les Grandes Dionysies.

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Les fêtes

À Athènes, trois fêtes honoraient Dionysos par des représentations théâtrales. Les Dionysies rurales, les Lénéennes et les Grandes Dionysies. Pour les Dionysies rurales, chaque dème (district) de l'Attique organisait sa propre procession. Les Lénéennes étaient les plus anciennes fêtes dionysiaques. Elles étaient réservées aux citoyens grecs et se composaient pour l'essentiel de représentations comiques. Mais les fêtes les plus importantes étaient celles des Grandes Dionysies. Elles duraient plusieurs jours et débutaient par une procession appelée "phallophorie" ("port de phallus"), suivie de compétitions de dithyrambes, et s'achevaient par des compétitions de tragédie.

Dionysies et concours de théâtre

Les Grandes Dionysies étaient supervisées par le principal magistrat, l'archonte, assisté de douze autres magistrats. Dans le cadre de ses responsabilités, l'archonte désignait les chorèges, c'est-à-dire les riches Athéniens chargés de financer les répétitions et les représentations. Deux jours avant les Dionysies, lors d'une cérémonie appelée "proagon" , les auteurs présentaient leurs oeuvres. Venaient enfin les Dionysies, qui débutaient par une procession jusqu'au temple du dieu, suivie de sacrifices et d'un banquet. Les deux journées suivantes étaient consacrée aux compétitions de dithyrambes, tandis que les quatre derniers jours accueillaient les concours de tragédies. Dix juges désignes au hasard par l'archonte étaient chargés d'arbitrer ces compétitions. Les juges déposaient leur vote dans une urne et cinq de ces voix étaient extraites au hasard pour désigner le vainqueur.

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Les acteurs

Les roles du théâtre athénien étaient exclusivement tenus par des hommes. Initialement, les tragédies ne mettaient en scène qu'un seul acteur accompagné d'un choeur, mais ce nombre fut porté à quatre au maximum. L'ajout de roles ouvrit la porte à de vrais échanges dramatiques. Lors des représentations, les acteurs se préparaient dans la skènè, un bâtiment qui faisait office de coulisses, avant d'apparaitre sur le proskénion. La skènè était parfois peinte afin de représenter un arrière-plan : palais, temples ou tombeaux. Son toit était réservé aux apparitions divines. Ces "dieu" pouvaient être déplacés à l'aide d'une méchanè, une sorte de grue, ce qui générait des effets visuels spectaculaires. Sur scène, les acteurs portaient des masques et des costumes élaborés. Pour les tragédies, ils étaient vêtus de tenues resplendissantes... tandis que pour les comédies, les roles masculins étaient affublés d'un phallus de taille extravagante, probablement pour susciter davantage de rires.

L'Orchestra

L'emplacement central du théâtre était l'orchestra ou "lieu de danse" . C'était un vaste endroit circulaire accueillant des performances chorales, des rites religieux et, on le suppose, des acteurs. Les choeurs étaient composés d'hommes portant des masques et des costumes. Tout citoyen athénien pouvait être choisi, dès lors qu'il était sélectionné par le chef de choeur. Les membres du choeur faisaient aussi fonction de rideau, car leur entrée et leur départ marquaient le début a la fin de marquaient le début et la fin de la pièce. De nouveaux costumes et masqués étaient réalisés pour le choeur à l'occasion de chaque nouvelle pièce, et ils étaient souvent aussi impressionnants et élaborés que les représentations. Par exemple, dans les comédies d'Aristophane, le choeur pouvait être déguisé en guêpes, en grenouilles, en oiseaux, en nuages ou en iles. Dans sa pièce intitulée Les Cavaliers, des hommes étaient même installés sur d'autres hommes, déguisés en chevaux. 

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Le theatron

Le lieu de représentation, le theatron d'Athènes, pouvait accueillir 17 000 spectateurs, soit près d'un dixième de la population de l'Attique. Son excellente acoustique en faisait un endroit idéal pour les pièces, mais il servait aussi le théâtre était accessible à tou. Mais cela ne veut pas dire que les places étaient gratuite. On trouvait habituellement aux premiers rangs les prêtres et les magistrats, tandis que le partie centrale de l'auditorium était réservées aux ambassadeurs et aux invités d'honneur. On sait également que les hommes et les femmes étaient séparés. En règle générale, le public se montrait réactif et bruyant. Lors des représentations, les spectateurs criaient, proféraient des jurons et jetaient des choses au gré de leur humeur. Ces réactions faisaient aussi partie du spectacle. 


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